18 août 2015 ~ 0 Commentaire

Dépoussiérer les règles sans les éliminer

                                                  gueulante

Les reproches qui reviennent le plus souvent quand on parle de l’industrie du taxi sont son immobilisme et sa réticence à innover. Vu  de l’extérieur ces reproches semblent justifiés et la majorité des professionnels s’accorde à le dire.

Ce constat fait, essayons de donner aux utilisateurs et observateurs un début d’explication en parlant de ce qui se passe depuis l’intérieur.

Réglementer est nécessaire oui mais…

En Belgique comme dans l’ensemble du monde, l’activité du taxi est un service d’utilité publique et est donc très sévèrement réglementée et contrôlée. Prenons l’exemple de Bruxelles où le taxi contrairement au reste du Royaume est une compétence régionale alors qu’ailleurs dans le pays l’activité relève de l’autorité communale,  ce qui n’est pas sans conséquences néfastes pour les taxis bruxellois notamment en matière fiscale: la taxe régionale est considérée comme une charge non admise ce qui n’est pas le cas de la taxe communale.

La Direction Générale  des taxis (DGT) de la Région Bruxelles Capitale met en place la réglementation et contrôle son application sur le terrain. Les textes et arrêtés régissent les moindres détails du fonctionnement des 779 sociétés de taxis et sont issus de la volonté du ministre de la mobilité. Ce dernier  réunit à la fréquence qu’il juge utile le Comité Consultatif du Taxi. Celui-ci émet des avis qui comme  aime à le répéter  Pascal Smet (le Ministre en exercice) ne sont que consultatifs !

Quelles marges de manœuvre pour les entreprises ?

L’administration décide du type de véhicules autorisés, tout y est précisé en détail.  Sans être exhaustif, qu’il s’agisse des normes de pollution, de la fréquence du contrôle technique, des exigences en matière d’assurance,  de la couleur et de l’identité visuelle ainsi que des équipements intérieurs (taximètre et imprimante) jusqu’au degré de teinte des vitres fumées.

Beaucoup seront surpris d’apprendre qu’une société de taxi bruxelloise ne peut pas, comme la plupart des entreprises,  procéder elle-même à l’embauche des candidats  chauffeurs qu’elle souhaite recruter. Cette tâche aussi  échoit à l’administration ce qui a pour effet un engorgement et une saturation des deux, parfois trois guichets de la DGT qui ne sont accessibles au public qu’en matinée.  Résultat :  un délai d’inscription tellement long qu’il en décourage beaucoup alors que la profession est dangereusement en pénurie de main d’œuvre. L’administration est intransigeante quant au statut du travailleur, un seul est admis : celui de salarié. Les formations professionnelles ont été purement et simplement supprimées ainsi que les budgets qui y étaient alloués.

Qu’il s’agisse du prix, des zones de stationnement, de charge et dépose, des exigences en matière de moralité, de santé et de mise à disposition du public, tout est régit par l’autorité de tutelle.

On comprendra aisément que ce mille-feuille réglementaire ne laisse que très peu de place à l’initiative. Les entreprises de taxis petites et grandes consacrent au quotidien une grande partie de leur énergie à s’y conformer.  C’est pourquoi les reproches et griefs qui leur sont faits, s’ils sont souvent fondés, ne sont pas bien vécus puisqu’ils ne découlent pas de leur volonté  .

Le taxi ne vit pas à l’ère du jurassique 

Le grand public doit savoir que tout ce qui semble être  toléré aujourd’hui pour un nouvel arrivant de la Silicon Valley a toujours été interdit aux acteurs existants d’où ce profond sentiment  d’injustice.  Sachant qu’eux ont été réprimandés souvent très sévèrement lorsque des pratiques non réglementaires étaient constatées.

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Les plateformes de mise en relation qui elles  ne sont pas soumises à la DGT que ce soit les historiques Taxis Bleus , Verts, Fievez ,Autolux, STI, Ucclois  ou les nouvelles arrivées eCab, PickMeUp ou Taxi Proxi n’ont pas attendu l’arrivée d’une firme américaine aux méthodes condamnées un peu partout en Europe pour faire montre de dynamisme dans l’innovation.

Enfin un mot à propos de deux initiatives trop peu connues faute de communication et qui marchent pourtant très bien il s’agit de COLLECTO un système de taxi collectif qui vous conduit partout dans les 19 communes bruxelloises pour une sommes fixe de 5€ ou 6€ selon que vous soyez abonné ou pas à la STIB (société des transports intercommunaux bruxellois), ceci entre 23 et 6 heure. Citons aussi et toujours en collaboration avec la STIB le TAXIBUS qui permet via des véhicules adaptés PMR (personne à mobilité réduite) de voyager porte à porte pour le prix d’un ticket de métro.

S.B

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