29 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

Taxi un secteur abreuvé de subsides?

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Ce papier fait suite à des informations distillées ici et là par des personnes plus ou moins bienveillantes, mais plutôt moins que plus.

De quoi s’agit-il ?

Le secteur du taxi serait en partie équipé aux frais de la princesse et sur les deniers publics. Un twittos anonyme habitué du taxi bashing se plaignait récemment du déluge de subventions empochées par le secteur du taxi, un secteur qu’il qualifie d’incapables et d’assistés.

Concrètement, il est dit que les lecteurs de cartes de crédit qui deviendront une obligation légale dès le 1er janvier 2016, les taximètres qui équiperont les véhicules, les voyants lumineux seraient offerts par l’impôt de l’honnête citoyen.

Concernant les lecteurs de cartes de crédit, qui soit dit en passant équipent déjà plus de 80 % du charroi, il s’agit d’un mensonge pur et simple. Ceux-ci sont achetés ou loués par les entreprises.

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Concernant les taximètres, s’il est vrai que l’administration par la voix de son Ministre à proposer de les prendre intégralement en charge, on ne peut pas parler dans ce cas de subsides. Pourquoi ? Parce que la plupart des compagnies sont déjà équipées d’un taximètre qui répond aux exigences de la directive européenne sur les instruments de mesure (MID) qui entrera en vigueur en octobre 2016. Le Ministre de la mobilité aimerait un taximètre beaucoup plus performant en matière d’enregistrement des données que ce que prévoit l’UE et propose donc de prendre en charge le remplacement de tous ces taximètres parfaitement en règle qu’il veut envoyer à la casse.

A la lumière de ce qui précède, il s’agit donc bien de substituer un matériel payé et fonctionnel par un autre qui aurait la préférence du Ministre. Il ne s’agit donc pas de subsidier mais d’indemniser.

Ajoutons que l’investissement des autorités dans un appareil qui à terme représentera une véritable banque de données, transformera les sociétés de taxi en véritable institut de sondage et permettra à cette même autorité de faire des économies substantielles. Je pense ici aux budgets conséquents consacrés aux différents bureaux d’études chargés de remettre périodiquement des rapports sur la situation du taxi à Bruxelles. (rapports qui d’ailleurs ne sont jamais suivis dans leurs recommandations).

Concernant le voyant lumineux dit « spoutnik » là encore il ne saurait être question de subsides lorsqu’on demande de remplacer un matériel acheté et payé par l’exploitant par un matériel choisi par l’administration et qui remplit les mêmes fonctions, les embêtements techniques en plus.

Les professionnels du taxi pour la majorité ne sont pas opposés au matériel de haute technologie et sont même demandeurs de plus de transparence en espérant que celle-ci permettra enfin de démontrer l’impérieuse nécessité d’instaurer les conditions d’une rentabilité absente depuis des décennies.

Une administration pour fournisseur, une fausse bonne idée

Les entreprises ne souhaitent plus être fournies par l’administration et émettent le désir de faire le choix de leur équipementier dès lors que l’équipement fourni répond au cahier des charges imposé. Pourquoi cette demande qui dans tout autre secteur d’activité semblerait légitime ? Parce que l’expérience récente a démontré que lorsque l’administration se substitue aux fournisseurs et équipementiers le résultat est plus que mitigé pour ne pas dire catastrophique.

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Prenons pour exemple le fameux « spoutnik Smet » il n’existe pas un exploitant qui n’ait eu des soucis plus ou moins graves. En effet, les premiers prototypes « designés » en dépit du bon sens et des lois de l’aérodynamique avaient tendance dès que la vitesse du taxi s’élevait à décoller et à s’arracher du toit. A plusieurs reprises, nous avons frôlé des catastrophes sur le ring ou sur les autoroutes.

Il n’y a pas que les problèmes de qualité et de fiabilité qui plaident contre une fourniture par le biais de l’administration il y aussi un problème de prix. Avant ce spoutnik catastrophique, l’exploitant se fournissait à un prix allant de 150 à 250€ celui de l’administration coûte près de 800€ et tombe très régulièrement en panne.

Bref, laisser les gérants traiter en direct avec les fournisseurs dont ils ont pu mesurer la fiabilité en qui ils ont confiance et desquels ils obtiennent un service après-vente inexistant auprès de l’administration.

S.B.

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