30 avril 2017 ~ 0 Commentaire

Mon droit de réponse à la Libre et à la DH

Mon droit de réponse à la Libre et à la DH

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Dans un article paru dans les pages des journaux : La Libre Belgique et de la DH ce 29 avril 2017, on parle plan taxi et conditions de travail sur base de témoignages anonymes de quatre salariés.

On peut lire entre autre qu’aucune société de taxis bruxelloise ne pratique le salariat. On peut aussi lire que les employeurs imposent des pratiques illégales à leurs salariés exemple : des forfaits location, (cela se pratique dans le secteur mais est-ce vraiment le fait de l’employeur? La réalité n’est pas aussi simple). Un certain Georges (nom d’emprunt)  déclare devoir remettre 60% de sa recette journalière qu’il estime à €100 plus €10 pour le précompte professionnel.

Comment est calculé le salaire d’un chauffeur de taxi ?

Le salaire du chauffeur de taxi est calculé au pourcentage de la recette brute multiplié par un coefficient de 0,8607 sur lequel il perçoit 36% si le tarif maximum fédéral est d’application dans la commune ou 35% si ce n’est pas le cas à cela s’ajoute une prime RGPT (prime accordée au personnel mobile) calculée comme suit 4,1% de la recette hors TVA avec un minimum de €5,15 par jour presté.

Revenu minimum mensuel moyen garanti – RMMG

A condition d’avoir des prestations de travail complètes et pour autant que le salaire calculé sur base de la recette soit inférieure au salaire calculé sur base du RMMG, le travailleur a droit à un ajustement calculé sur base de ce RMMG soit à partir du 1er juin 2016 :  €1590,64 brut.

A la lumière de ce qui précède, on peut donc déduire que « Georges » en percevant 40% de la recette brute se voit appliquer des conditions de rémunération plus favorables que ce que prévoit la convention collective 140.2 .

L’interviewé affirme et est formel qu’aucune société bruxelloise ne pratique le salariat et qu’il est donc privé de RMMG, nous dit aussi que sa fiche de paie est fictive et qu’il travaillerait en réalité pour €30 par jour.

En admettant qu’il travaille 6 jours semaines soit une moyenne de 24 jours par mois, ce témoin accepterait donc une rémunération de €720 mensuel pour des journées de travail de 10 heures. Bref, des conditions dignes de l’esclavagisme !

Nous n’avons qu’une question à poser à ce témoin et aussi à l’auteur de l’article : Pourquoi diable accepte-t-il ces conditions indignes alors même que des dizaines d’employeurs qui ont signé une charte les engageant au respect des conventions collectives sont à la recherche de plusieurs centaines de chauffeurs. Serait-il masochiste ?

Des employeurs qui sont confrontés à une pénurie de main d’œuvre sont-ils vraiment en mesure d’imposer des conditions indignes à cette denrée rare qu’est le chauffeur dans le secteur du taxi? Que chacun se pose la question.

S’il est vrai que dans notre secteur d’activité comme dans d’autres, il existe des patrons voyous, il est indigne d’insulter des dizaines de patrons honnêtes et mis en difficultés par une administration qui les prive sciemment de salariés en organisant leur raréfaction depuis des années !

Dans ce même article, on peut lire le Front Commun des taxis bruxellois est je cite « un organe de représentation du secteur essentiellement composé d’exploitants à savoir des sociétés de taxis possédant plusieurs licences ». Cette affirmation est scandaleusement fausse.

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Composition du Front Commun des taxis 

FGTB, CSC, CGSLP : ces syndicats représentent plusieurs centaines de salariés.

Elite Taxi Belgium et Ingoboka : chauffeurs de taxi indépendants.

FeBeT : plusieurs centaines de chauffeurs indépendants et 72 sociétés de taxis.

TMS : Limousines

Taxis Bleus, Autolux, Unitax, Taxis Verts : centraux téléphoniques.

GTL : partenaire social siégeant à la commission paritaire.

 

Le Front Commun est donc minoritairement composé de sociétés de taxis.

Cet article prétend que le Front Commun instrumentalise cette pauvre société Uber et en fait un bouc émissaire puisque d’après l’auteur le numerus clausus serait maintenu. Ce qui là encore est totalement faux.

Explication : si ce plan taxi était adopté, la licence ne serait donc plus attachée au véhicule mais au chauffeur. Ce qui signifie en réalité que c’est le certificat de capacité actuel qui devient la licence et comme on ne peut pas interdire à qui le souhaite de s’inscrire aux examens pour obtenir ce certificat, de fait le numerus clausus saute.

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 Dans le plan taxi, le Ministre indique que la situation actuelle est de 2971 chauffeurs détenteurs dudit certificat et que la situation à venir, dans un premier temps sera de 4700 qui devront toujours selon ce plan se partager 1800 véhicules ce qui est une aberration totalement inapplicable dans les faits et préfigure d’un ajustement très nettement à la hausse ce qui fournira aux plateformes un important réservoir de faux indépendants corvéables à merci.

Je termine cet article en vous laissant ici le lien de témoignages de salariés qui déclinent leur véritable identité et parlent à visage découvert. Lien ici

Il y aurait encore bien des choses à dire mais si je me suis fendu de cet article, c’est parce que malheureusement le droit de réponse demandé avec insistance s’est heurté à un mutisme profond.

S.B.

 

 

 

 

 

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